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Texas : Colère des Hispaniques face aux expulsions de Donald Trump

Des entrepreneurs hispaniques manifestant au Texas contre les expulsions sous la présidence de Trump.

Des entrepreneurs hispaniques manifestant au Texas contre les expulsions sous la présidence de Trump.

Benny Melendez a voté pour le président Donald Trump en 2024. Mais depuis le retour de ce dernier à la Maison-Blanche, diriger sa petite entreprise de construction dans le sud du Texas est devenu une épreuve quotidienne. Selon Melendez, les agents de l'immigration arrêtent désormais ses ouvriers sur les chantiers et interceptent ses camions de livraison. Depuis le début de l'année 2025, plus de dix de ses employés ont été expulsés du territoire américain.

Le chaos de ces dix-huit derniers mois a brisé les convictions de Melendez. Il abandonne son soutien à Donald Trump et aux républicains pour se tourner vers le candidat démocrate au Sénat des États-Unis, le représentant d'État James Talarico. "Comment pouvons-nous continuer à voter pour quelqu'un qui cible notre propre communauté ?", demande Melendez avec amertume. D'après lui, il n'y a plus aucune chance pour qu'un tel soutien se reproduise.

L'histoire de cet entrepreneur n'est pas un cas isolé. Selon une nouvelle enquête commandée par le U.S. Hispanic Business Council et partagée d'abord avec POLITICO, un chef d'entreprise hispanique sur des cinq au Texas déclare avoir subi l'expulsion d'un employé l'année passée. De plus, sept sondés sur dix affirment que leurs affaires souffrent des tarifs douaniers imposés par l'administration. James Talarico détient désormais une avance de sept points sur le procureur général Ken Paxton, la figure de proue des républicains pour ce siège de sénateur.

Ce sondage mené auprès de 1 012 membres du conseil du 2 au 15 juin démontre la fragilité de Ken Paxton. Les électeurs latinos, qui avaient pourtant basculé du côté républicain, rejettent fermement la politique migratoire actuelle. D'après Javier Palomarez, président du conseil, l'ambiance est devenue débilitante pour les petites structures. "Si vous dirigez une équipe de dix personnes et qu'un seul employé est expulsé, vous détruisez le moral de l'entreprise et installez la peur chez le propriétaire", explique-t-il.

Face à la crise, Ken Paxton refuse de fléchir. Ce partisan d'une ligne dure soutient une loi d'immigration texane très controversée et poursuit en justice les organismes finançant la défense des sans-papiers. Sa porte-parole, Madison Cercy, affirme que les Hispaniques réclament avant tout des impôts bas et une économie forte. Elle a vivement critiqué James Talarico, qualifiant son programme de radical et de néfaste pour les familles texanes.

La course au Sénat s'annonce comme l'une des plus serrées du pays. Un récent sondage du New York Times/Siena donnait les deux candidats à égalité parfaite, mais James Talarico menait de 32 points chez les électeurs hispaniques. Pour James Talarico, le message est clair : l'État devrait soutenir ces petites entreprises plutôt que de les écraser sous le poids de politiques migratoires défaillantes. Il offre une alternative à ceux qui se sentent aujourd'hui trahis par les deux partis.

Dans le sud du Texas, le long de la frontière avec le Mexique, le ressentiment est profond. En 2024, Donald Trump avait remporté 14 des 18 comtés frontaliers en exploitant le mécontentement face à la politique de Joe Biden. Aujourd'hui, 70 % des entrepreneurs interrogés jugent négativement les raids menés sur les lieux de travail. Les dirigeants du secteur de la construction affirment que les contrôles ont repris de plus belle, ciblant les véhicules transportant du matériel de chantier.

Les histoires d'arrestations marquent les esprits locaux, qu'il s'agisse d'un musicien de mariachi à San Antonio ou d'une religieuse catholique détenue à McAllen alors qu'elle se rendait à la messe. Même la représentante républicaine Monica de la Cruz a dénoncé ces excès sur les réseaux sociaux, rappelant qu'une religieuse ne représentait pas une menace. Pour de nombreux conservateurs latinos, ce dernier épisode a mis fin à leurs illusions, car l'économie locale ne trouve plus de main-d'œuvre pour les travaux pénibles sous la chaleur étouffante de la vallée.

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Journaliste Senior - Spécialiste de la Politique Nationale et de l'Économie

Michel Anderson est un journaliste senior avec plus de 15 ans d'expérience dans la couverture de la dynamique politique et économique indonésienne. Son expertise dans l'analyse des politiques gouvernementales, des questions législatives et des tendances macroéconomiques fait de lui une référence principale pour les lecteurs recherchant des informations précises et approfondies. Il a couvert divers événements majeurs, notamment les élections, les sessions du cabinet, les conférences économiques internationales et des entretiens exclusifs avec des figures clés de la scène nationale.